Rhume des foins, pollens, graminées. Et si la solution était dans le microbiote ? EN

Rhume des foins, pollens, graminées. Et si la solution était dans le microbiote ? EN

Les allergies ne cessent de se développer et sont une réaction exagérée de l’organisme et du système immunitaire au contact des allergènes.

Qu’il s’agisse d’allergies respiratoires (rhinite saisonnière ou persistante, asthme), d’allergies cutanées (dermatite atopique du nourrisson, eczéma), ou encore d’intolérances alimentaires, elles touchent aujourd’hui plus de 20% de la population, et ce dès le plus jeune âge.

Il est désormais reconnu qu’un déséquilibre du microbiote entraîne une prévalence des maladies allergiques et inflammatoires.

L’apport de certaines bonnes bactéries (probiotiques) permet donc à la fois de renforcer l’effet barrière du microbiote (et ainsi limiter le passage d’intrus dans l’organisme, problème de perméabilité intestinale), et de moduler l’activité des cellules immunitaires.

Comprendre le mécanisme de l’allergie

Comme pour les maladies de civilisation telles que le diabète, le surpoids, les maladies cardio-vasculaires, le stress, les changements du mode alimentaire participent de façon importante aux maladies à caractère inflammatoire non infectieux dont l’allergie fait partie.

Bien qu’il y ait de nombreuses manifestations de l’allergie (rhinite allergique saisonnière, asthme, dermatite atopique, eczéma, allergies alimentaires…), elles ont toutes en commun une réaction immunitaire et une réponse inflammatoire inappropriée et mal régulée face à certains allergènes.

La réaction allergique s’opère en 3 étapes :

1 – Sensibilisation initiale et silencieuse de notre organisme en contact avec l’allergène

2 – Réaction immédiate du système immunitaire

3 – Réaction retardée avec mise en place une réaction inflammatoire.

À chacune de ses 3 étapes, notre écosystème intestinal, et notamment notre microbiote, joue un rôle majeur car 60 % des cellules immunitaires de notre organisme s’y trouve.

L’écosystème intestinal se compose en effet

– D’une flore bactérienne riche et diversifiée (microbiote)

– D’une barrière muqueuse jouant un rôle de filtre sélectif

– D’un abondant système immunitaire sous-muqueux.

Lien entre le microbiote et les allergies

De nombreux travaux scientifiques confirment le rôle essentiel du microbiote dans l’initiation, le développement et la régulation du système immunitaire : chez les personnes ayant des manifestations allergiques, le microbiote présente des compositions différentes par rapport à celles d’individus sains non allergiques.

– Le microbiote d’enfants avec dermatite atopique contient par exemple plus de bactéries de type Clostridium, bactéroïdes et entérobactéries par rapport aux sujets sains contenant eux davantage de bifidobactéries et de lactobacilles.
– On sait que l’allaitement apporte au nouveau-né une protection vis-à-vis des manifestations allergiques à venir. Or, le lait maternel contient davantage de bifidobactéries dont l’apport chez le nouveau-né protégerait de l’allergie.

=> Un lien est établi entre déséquilibre d’un microbiote et prévalence des maladies allergiques et inflammatoires. Or, les conditions de vie moderne, le stress, les changements alimentaires, la prise de médicaments et antibiotiques… sont autant de situations qui perturbent l’écosystème intestinal et le microbiote.

Le rôle et l’intérêt de certains probiotiques dans l’allergie

L’apport de certaines bactéries probiotiques a montré un rôle important pour le rééquilibrage du microbiote, mais aussi dans l’allergie :

– L’apport de souches spécifiques de bifidobactéries et de lactobacilles, a été associé à une réduction des manifestations allergiques chez les bébés, les enfants et les adolescents.

– Une étude japonaise auprès d’enfants a montré que l’administration de probiotiques type Lactobacilles acidophilus avait des effets favorables sur les rhinites allergiques et sur certaines dermatites atopiques.

Mais toutes les souches de probiotiques ne possèdent pas ces effets particuliers. Des études comparatives entre différentes souches ont montré que les effets dépendaient des souches sélectionnées.

Les études mettent en évidence que certaines souches de probiotiques donnent des résultats significatifs dans la prise en charge des personnes allergiques (souches Lactobacillus helveticus R0052, Lactobacilles rhamnosus GG, Lactobacilles paracaséï NC2461, Lactobacillus rhamnosus R0011 ou encore Lactobacillus rhamnosus R0343…)

  • =>Des améliorations ont été observées dans des manifestations différentes telles que la conjonctivite allergique, la rhinite saisonnière, la dermatite atopique du nouveau-né, l’asthme, ou certaines intolérances alimentaires (lactose)…

L’apport de probiotiques, tant dans la prévention des allergies chez les sujets à risque, les familles atopiques, que dans la prise en charge des manifestations allergiques s’avère donc très prometteuse.

Terrain ou manifestations allergiques ? Demandez conseil à votre professionnel de la santé.